Les plongeurs-sauveteurs du SDIS 45 : entre défis techniques et missions vitales
- Sentry Média
- 12 août 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 26 janv.

Par Audrey Rodrigues
Ils sont les anges gardiens des rivières, des lacs et des cours d’eau. Discrets mais redoutablement efficaces, les plongeurs sauveteurs du Service Départemental d’Incendie et de Secours du Loiret (SDIS 45) mènent des missions techniques et périlleuses pour sauver des vies en milieu aquatique.
Le Capitaine Jérôme Gardia, Chef de service Doctrine Opérationnelle & RETEX, sapeur-pompier aguerri et spécialiste des interventions subaquatiques, lève le voile sur ce métier aussi exigeant que vital. « Nous sommes avant tout des sapeurs-pompiers généralistes, mais avec une spécialité en plus, l’intervention en milieu aquatique, que ce soit en surface ou en plongée », explique-t-il. Le champ d’action est vaste, il comprend le sauvetage de personnes tombées à l’eau, la recherche de véhicules immergés, les pollutions accidentelles, ou encore la reconnaissance de structures inondées… Une diversité d’interventions qui exige une préparation rigoureuse et constante.
Jérôme Gardia a toujours eu ce goût du défi. Attiré par l’eau, il s’est naturellement tourné vers cette spécialité exigeante. « C’est une discipline qui demande un engagement physique et technique permanent. On ne peut pas se reposer sur ses acquis », confie-t-il. Pour faire face à ces missions complexes, certaines qualités sont incontournables, l’endurance, l’adaptabilité et l’esprit d’équipe. « On travaille souvent dans des conditions extrêmes. Il faut pouvoir faire confiance à son binôme, car sous l’eau, tout peut basculer très vite. »
Le 3 juin 2025, sur les bords de Loire à Orléans, les équipes ont réalisé un exercice d’entraînement grandeur nature. Première phase : une reconnaissance subaquatique autour d’un pilier de pont, en plongée dans un courant fort. Seconde phase : une simulation de sauvetage d’une victime en surface, effectuée à l’aide d’un sauveteur et d’un jet ski. « Ce sont des entraînements essentiels pour répéter les bons gestes, tester notre matériel et garantir notre sécurité. » À l’approche de l’été, les interventions se multiplient. Canoës retournés, baignades imprudentes, comportements à risque en Loire… les dangers augmentent avec les températures. « Ce qui revient souvent, ce sont les embarcations à la dérive, mais aussi les paris dangereux, comme traverser un cours d’eau à la nage, juste pour se lancer un défi entre amis. »
Pour limiter les drames, Jérôme Gardia insiste sur les fondamentaux : savoir nager, choisir des zones de baignade surveillées, et ne jamais quitter un enfant des yeux. « La prévention est notre meilleure arme. Aller à la rencontre du public pendant nos entraînements permet de faire passer le message. » Face à la hausse des risques en période estivale, le SDIS 45 redouble de vigilance, les entraînements sont intensifiés sur les sites sensibles, afin d’anticiper les comportements imprudents. « Quand il fait très chaud, le nombre d’interventions se multiplient. On doit être prêts à tout moment. » conclut-il.
Le 12 août 2025, à Meung-sur-Loire, un autre exercice a permis de combiner reconnaissance, maintien des acquis en secours de surface et exercices en immersion dans des cavités formées par d'anciennes fondations. Ces zones, fréquentées par les canoës et d'autres embarcations de loisir, pourraient également devenir le théâtre d'interventions réelles.
Parmi les encadrants, le Sergent-chef Adrien Troussier, chef d'unité Scaphandrier Autonome Léger (SAL2), insiste sur la rigueur et la cohésion nécessaires : "La spécialité SAL demande à la fois de la rigueur, de l'endurance physique, et de la cohésion. On travaille dans un environnement exigeant, où l'esprit d'équipe est essentiel." Certaines interventions laissent des souvenirs marquants, comme cette nuit d'hiver où une femme a chuté dans la Loire avec son véhicule." La voiture était difficile à localiser, la rivière en crue, la visibilité nulle. Malgré tous nos efforts, nous n'avons pas pu la sauver. Ce sont des situations qui marquent mais il faut continuer à avancer."
Au-delà de la démonstration technique, ces entraînements reflètent la réalité quotidienne des plongeurs sauveteurs : être prêts à intervenir, quelles que soient les conditions, pour répondre aux urgences et sauver des vies. Ces journées se terminent parfois sur des gestes symboliques, comme le départ à la retraite de Christophe, l'un des plongeurs, accueilli en haie d'honneur par ses collègues. Un hommage à la solidarité et au respect qui unissent ces équipes engagées chaque jour dans des interventions difficiles.

























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