Entretien du Président de la République avec Al-Charaa, Président intérimaire des autorités syriennes de transition
- Sentry Média
- 7 mai 2025
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Par Audrey Rodrigues
Le président Emmanuel Macron a reçu hier à l’Élysée Ahmed al-Charaa, président par intérim des autorités syriennes de transition, pour un entretien à haute portée diplomatique. Il s’agit de la première visite officielle en Europe du dirigeant syrien depuis la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024, après treize années de guerre civile.
La rencontre s’inscrit dans les efforts français pour accompagner une transition politique en Syrie. Mais elle ne va pas sans controverse. Ancien membre de Jabhat al-Nosra (branche syrienne d’Al-Qaïda), de Hayat Tahrir al-Sham (HTS), et affilié à Daesh, Ahmed al-Charaa figure toujours sur la liste des sanctions de l’UE visant les individus liés à des organisations terroristes. Bien qu’il affirme s’être détaché de ces groupes, son passé continue de susciter la méfiance d’une partie de la communauté internationale.
Lors de la conférence de presse conjointe, Emmanuel Macron a rappelé que le soutien de la France à la transition syrienne resterait conditionné à « des engagements clairs en matière de droits humains, de justice et de sécurité ». Il a exhorté les nouvelles autorités à protéger « tous les Syriens sans distinction » et à engager des poursuites contre les auteurs de violences interconfessionnelles, notamment les récentes attaques contre des communautés druze et alaouite.
Le président français a également évoqué une possible levée progressive des sanctions européennes, à condition de progrès tangibles sur le terrain, en matière de stabilité et de reconstruction. « La Syrie ne pourra retrouver sa stabilité ni permettre le retour des réfugiés sans réhabilitation économique et sécuritaire », a-t-il déclaré.
De son côté, Ahmed al-Charaa a appelé à la levée immédiate des sanctions, estimant qu’« elles frappent le peuple syrien bien plus que ceux qui ont perpétré les crimes du passé ». Il a salué « l’écoute » du président français, tout en défendant la nécessité d’un cadre politique inclusif.
Concernant les tensions régionales, le président syrien par intérim a confirmé l’existence de « discussions indirectes » avec Israël, via des médiateurs internationaux, visant à éviter une escalade dans le sud syrien. Il a accusé l’armée israélienne de « violer à plusieurs reprises l’accord de désengagement de 1974 » et de s’ingérer dans les affaires intérieures syriennes.
Alors qu’Ahmed Al-Charaa cherche à s’imposer comme un acteur de la transition syrienne, son passé au sein de groupes terroristes, notamment Daesh, et sa présence toujours active sur la liste des sanctions de l’UE soulèvent de lourdes interrogations quant à sa place dans un processus politique crédible. Paris a posé ses conditions : sans engagement ferme contre l’extrémisme et pour la justice, la transition syrienne ne recevra qu’un soutien limité de la France.







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