L'entrée de Robert Batinder au Panthéon
- Sentry Média
- 9 oct. 2025
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Par Audrey Rodrigues
Le jeudi 9 octobre 2025, la République a rendu hommage à Robert Badinter, quarante-quatre ans après l’abolition de la peine de mort qu’il porta devant l’Assemblée nationale. L’ancien garde des Sceaux, disparu en 2024, est désormais entré au Panthéon, parmi ceux qui ont donné un visage à la justice et à la dignité humaine.
À l’arrivée du corbillard, un silence s’installa parmi la foule. Le cénotaphe, porté avec gravité, a progressé lentement sur la pente de la rue Soufflot, sous trois arches symbolisant ses grands combats : la mémoire, la justice et la République. Il contenait plusieurs objets liés à sa vie et à son engagement : sa robe d’avocat, le texte de son célèbre discours de 1981 sur l’abolition de la peine de mort, ainsi que trois ouvrages qui lui étaient chers, témoins de son engagement et de son humanisme. Rien d’ostentatoire, juste l’essentiel, pour rappeler l’homme derrière les lois et les discours.
Sous la coupole du Panthéon, l’hommage est devenu plus intime et solennel. Emmanuel Macron s’est adressé à la nation, face à la famille et aux proches de l’ancien ministre. Son discours a résonné comme un dialogue avec l’Histoire. « Les morts nous écoutent. À nous de les entendre », a-t-il déclaré, avant d’ajouter que Robert Badinter “entre au Panthéon avec les principes mêmes de l’État de droit, une certaine idée de la justice qui élève la République au-dessus de la vengeance.”
Le chef de l’État a salué le courage politique d’un homme qui, en 1981, osa convaincre une Assemblée encore divisée. “Il savait que la justice ne se mesure pas à la colère du moment, mais à la grandeur des valeurs que l’on défend.” Le cénotaphe de Robert Badinter repose désormais aux côtés de Simone Veil, Jean Moulin et Victor Hugo, autant de figures de lumière pour une République fidèle à ses promesses.
Cette journée d’hommage a aussi été assombrie par la profanation de la tombe de l’ancien ministre au cimetière de Bagneux, découverte dans la matinée. Des actes aussitôt condamnés par le président, qui a rappelé que “la haine ne profane jamais que la mémoire de ceux qui la portent.”
L’héritage de Robert Badinter reste une référence dans la lutte pour les droits humains. En 2026, la France accueillera le 9ᵉ Congrès mondial contre la peine de mort, dans la continuité de son engagement pour l’abolition.















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