

REPORTAGES
GRANDS FORMATS
Des immersions au long cours, entre reportages et récits, pour raconter le réel depuis l'intérieur. Conflits, terrains à risque, secours : des femmes et des hommes confrontés à des situations où tout peut basculer.

La naissance du doute
À Mitrovica, l’air a une densité particulière, presque métallique, comme si chaque respiration devait être méritée. Je descends du véhicule avec cette impression familière de déjà-vu au ralenti. Combien de fois suis-je déjà venu dans ces étés brûlants et poussiéreux et ces hivers crasseux ? Et cet hiver plus encore, la neige n’est pas immaculée ici. Elle est grise, tassée, marquée par les passages répétés des hommes et des véhicules, par les hésitations et les lignes invisibles que chacun s’efforce de ne pas franchir.
Par Anthony Nemtchenko

À Beaugency, les pompiers du secours en milieux périlleux confrontés aux limites du terrain
Dans le centre historique de Beaugency (Loiret), la tour Saint-Firmin, haute de 37 mètres, a servi de support à une série d’exercices du secours en milieux périlleux (SMP), unité spécialisée des sapeurs-pompiers mobilisée lorsque les moyens classiques ne suffisent plus à assurer une intervention.

UKRAINE - 1917 x 2077 : la Science-fiction dans les Décombres de l’Histoire.
Au cœur du conflit russo-ukrainien, deux mondes coexistent, une collision entre les innovations dignes de l'univers Cyberpunk et les pratiques que l'on retrouve dans nos livres d'histoire.
Depuis 2022, l'Ukraine a été forcée de s'adapter aux dynamiques de guerre imposées par l'armée russe et par le manque de matériel face à un adversaire aux ressources nettement supérieures.
Un reportage exclusif de Murray Wegeler.

Ce que la poussière d'Abéché n'effacera pas
L’avion amorce sa descente vers Abéché, le dernier atterrissage d’une bien longue série. La terre apparaît d’abord comme une peau ancienne. Craquelée, patinée, d’un ocre poussiéreux que le soleil semble avoir polie pendant des sècles.
De là-haut, tout paraît immobile. Les reliefs du Tibesti, très loin au nord, flottent dans la lumière comme des îles sombres dans un océan d’air brûlant.

Sinjar : Call me by Your Sign
Le Sinjar ne se donne pas d’un coup. Il s’impose lentement, comme une fatigue ancienne.
En premier vient le parfum. Une odeur sèche, minérale, mêlée de poussière brulante le jour et glaciale la nuit. Et puis cette odeur grasse de carburant éventé. Le vent apporte parfois une trace plus âcre : plastique brûlé, fer rouillé, quelque chose qui a trop longtemps chauffé au soleil et sous les affrontements des hommes.
Rien de franchement identifiable, mais tout semble usé jusqu’à la moelle, usé et usant comme un poids sur les épaules.
Un récit immersif et exclusif d'Anthony Nemtchenko.