Crise dans le Golfe : 51 pays mobilisés pour sécuriser le détroit d’Ormuz

Par Audrey Rodrigues
Face à la dégradation de la situation dans le Golfe, 51 pays ont participé à un sommet international consacré à la sécurisation du détroit d’Ormuz, passage stratégique du commerce mondial. À l’initiative d'Emmanuel Macron et de Keir Starmer, les échanges ont porté sur les moyens de garantir la liberté de navigation et de stabiliser une zone sous forte tension depuis plusieurs semaines.
Le sommet, organisé en visioconférence, depuis le Palais de l'Élysée, avec la participation de l’Union européenne et de l’Organisation maritime internationale, a rassemblé hier, plusieurs dirigeants européens et partenaires internationaux. Aux côtés du Premier ministre britannique Keir Starmer, du chancelier allemand Friedrich Merz et de la présidente du Conseil italien Giorgia Meloni, Emmanuel Macron a insisté sur l’objectif central de cette rencontre : la réouverture du détroit d’Ormuz.
Emmanuel Macron a rappelé l’ampleur des enjeux liés à ce point de passage stratégique. "Le blocage du détroit initié par l’Iran a des conséquences particulièrement graves dans le monde entier", a-t-il déclaré, évoquant les effets sur les États riverains, les flux énergétiques mondiaux et les chaînes d’approvisionnement internationales.
Dans un contexte diplomatique encore fragile, il a salué plusieurs évolutions récentes. "Nous saluons, bien sûr, le cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis. Nous saluons également le cessez-le-feu récemment annoncé concernant le Liban, qui doit être respecté dans les faits." Il a ajouté : "Nous saluons également l’annonce d’une réouverture, en contrepartie de ce cessez-le-feu, qui a été décidée par l’Iran pour le détroit d’Ormuz."
Les États participants ont toutefois insisté sur la nécessité d’un cadre clair et stable. "Nous demandons tous la pleine réouverture immédiate, inconditionnelle, par toutes les parties du détroit d’Ormuz", a affirmé le chef de l’État, appelant également au respect du droit international maritime et des conditions de libre passage.
Il a également mis en garde contre toute restriction durable du trafic maritime : "Nous nous opposons tous à toute restriction, tout régime de convention qui équivaudrait dans les faits à une tentative de privatiser le détroit et évidemment tout système de péage."
Une réunion de planification doit se tenir à Londres dans les prochains jours afin de préparer la mise en place d’une mission internationale présentée comme neutre, destinée à accompagner et sécuriser le passage des navires marchands dans la région.
En parallèle, plusieurs États ont évoqué la mobilisation de moyens de surveillance et de protection maritime. La France a notamment rappelé disposer d’une force navale déployée en Méditerranée orientale et en mer Rouge, incluant le porte-avions Charles de Gaulle, ainsi que des frégates et des moyens aériens susceptibles d’être mobilisés.
Réunis depuis l’Europe, le Golfe, l’Asie, l’Afrique, l’Amérique latine et le Pacifique, les 51 pays participants ont affiché une position commune en faveur de la liberté de navigation. "Le monde était uni dans cette même volonté de faire respecter le droit international et la liberté de navigation", a conclu Emmanuel Macron.
Dans un contexte encore instable, cette initiative vise à éviter une nouvelle escalade et à garantir la continuité du trafic maritime dans l’un des corridors énergétiques les plus sensibles au monde.





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