Irak : Bagdad obtient un passage sous contrôle iranien dans le détroit d’Ormuz
- il y a 2 jours
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Par Audrey Rodrigues
DÉCRYPTAGE - L’Iran a autorisé des pétroliers irakiens à franchir le détroit d’Ormuz après plusieurs demandes formulées par Bagdad. Une décision ponctuelle qui met en lumière la dépendance de l’Irak à cette voie maritime stratégique.
L’annonce intervient alors que la circulation maritime reste fortement réduite dans le détroit d’Ormuz. Selon l’agence officielle iranienne IRNA, Téhéran a accordé une autorisation à plusieurs pétroliers irakiens après des demandes répétées de Bagdad. La question du passage des navires figurait notamment parmi les principaux sujets abordés lors de la récente visite en Irak de Mohammad Baqer Ghalibaf, président du Parlement iranien.
Le président irakien Nizar Amedi a confirmé que des navires transportant du pétrole irakien avaient pu traverser le détroit ces derniers jours. Bagdad cherche ainsi à préserver ses capacités d’exportation dans une zone devenue particulièrement difficile à emprunter depuis le début de la guerre avec l’Iran.
Une dépendance difficile à contourner
L’enjeu est majeur pour l’Irak. Avant le début du conflit, le pays produisait environ quatre millions de barils de pétrole par jour. Une part importante de ses exportations partait alors de ses terminaux du sud et empruntait le détroit d’Ormuz pour rejoindre les marchés internationaux.
La réduction du trafic dans le détroit fragilise donc directement les capacités d’exportation de Bagdad. Les données de suivi maritime citées par Reuters faisaient état de seulement sept navires de matières premières ayant franchi Ormuz le 20 août, contre des volumes bien supérieurs avant le conflit.
L’autorisation accordée aux pétroliers irakiens ne constitue pas pour autant une réouverture générale du détroit. Elle traduit plutôt un régime de passage permettant à certains navires de poursuivre leur route. Pour Bagdad, cette possibilité représente un répit, mais elle souligne aussi sa dépendance à l’égard d’une voie dont les conditions de navigation sont aujourd’hui largement déterminées par le rapport de force avec Téhéran. L’Iran affirme d’ailleurs depuis plusieurs jours exercer le contrôle et la gestion du détroit.
Bagdad tente de réduire sa vulnérabilité
Cette situation pousse les autorités irakiennes à accélérer la recherche d’itinéraires alternatifs. Le Premier ministre Ali al-Zaidi a annoncé que Bagdad souhaitait développer ses exportations via le port turc de Ceyhan et travailler à de nouvelles voies passant par le port syrien de Baniyas et celui d’Aqaba, en Jordanie.
Concernant Baniyas, un projet de pipeline reliant les champs pétroliers irakien au port syrien nécessiterait plusieurs années de travaux et un investissement estimé à au moins 15 milliards de dollars. Ce projet pourrait à terme permettre à l'Irak de disposer d'une capacité supplémentaire d'exportation vers la Méditerranée.
Sources : Reuters, IRNA — 22 août 2026.





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