Face à la généralisation des drones de combat, CERBAIR et DELAIR unissent détection et interception
- il y a 5 jours
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Par Audrey Rodrigues
C’est un signe de plus de la recomposition accélérée du secteur de la défense face à la généralisation des drones sur les champs de bataille. À l’occasion du salon Eurosatory, l’entreprise française CERBAIR a annoncé une évolution de son actionnariat et un partenariat stratégique avec le constructeur DELAIR. Derrière ces annonces, encore floues sur le volet capitalistique, se dessine une ambition plus large : structurer un acteur européen de référence dans la lutte anti-drone d’ici cinq ans.
Les drones, nouvelle variable centrale des conflits modernes
En Ukraine comme dans d’autres théâtres récents, les drones se sont imposés comme un outil tactique massif, utilisé pour la reconnaissance, l’attaque ou le guidage de frappes.
« Les drones ont profondément transformé le champ de bataille moderne. Aujourd’hui, ils sont à l’origine de près de 80 % des pertes observées dans les conflits de haute intensité », affirme Lucas Le Bell, président de CERBAIR.
La menace dépasse désormais le seul cadre des opérations militaires, des aéroports aux sites industriels, en passant par les prisons et les installations énergétiques.
Une alliance entre détection et interception
Le partenariat entre CERBAIR et DELAIR illustre une tendance de fond : la convergence entre systèmes de détection électronique et capacités d’interception cinétique.
CERBAIR apporte ses technologies de détection et de guerre électronique, déjà déployées dans une trentaine de pays. DELAIR, de son côté, met sur la table ses drones intercepteurs, dont le système ASPIK, conçu pour neutraliser des menaces aériennes à bas coût.
L’objectif affiché est de construire une chaîne complète de réponse à la menace, depuis sa détection jusqu’à sa neutralisation.
La montée en puissance de la guerre électronique
Cette coopération s’inscrit dans une évolution plus large du champ de bataille contemporain, où la maîtrise du spectre électromagnétique devient un enjeu central.
La guerre électronique, longtemps considérée comme un domaine de niche, s’impose désormais comme un pilier des architectures de défense modernes.
Une ambition industrielle assumée
Cette coopération dépasse la seule dimension technologique et s'inscrit dans une ambition commune : renforcer la souveraineté européenne dans un secteur dominé par une évolution rapide des menaces.
« Face à la montée des menaces internationales, la capacité des industriels de défense français à imaginer collectivement des solutions globales innovantes et souveraines nous paraît être une nécessité absolue », souligne Bastien Mancini, président de DELAIR.
Vers une consolidation du secteur
Dans un contexte de forte croissance du marché de la lutte anti-drone, les acteurs européens cherchent à se positionner sur des offres intégrées, combinant matériel, logiciel et guerre électronique.
Une dynamique qui pourrait accélérer la consolidation d’un secteur encore fragmenté, mais désormais stratégique.





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