MBDA et Safran en passe de décrocher le futur système français de frappe terrestre longue portée
- il y a 6 jours
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Par Audrey Rodrigues
La France s’apprête à franchir une nouvelle étape dans la modernisation de son artillerie. MBDA et Safran Electronics & Defense ont annoncé être entrés en négociations exclusives avec la Direction générale de l’armement (DGA) pour fournir le successeur du Lance- Roquettes Unitaire (LRU), actuellement en service au sein de l’armée de Terre.
Baptisé « THUNDART », le système proposé par les deux industriels français a été retenu à l’issue de la phase de sélection du programme. Si les discussions aboutissent, il constituera la future capacité nationale de frappe terrestre dans la profondeur, un domaine redevenu stratégique à la lumière des conflits récents, notamment en Ukraine.
Selon les industriels, THUNDART permettra de conduire des frappes de précision jusqu’à une distance de 150 kilomètres. L’objectif est de doter les forces françaises d’un moyen d’action capable d’atteindre des cibles éloignées tout en opérant dans des environnements fortement contestés par les défenses adverses.
Le programme répond également à un enjeu de souveraineté industrielle. Conçu et produit en France, le système doit permettre aux autorités françaises de conserver la maîtrise de son emploi opérationnel ainsi que de ses éventuelles exportations, dans un contexte où plusieurs pays européens cherchent à renforcer leurs capacités d’artillerie longue portée.
La répartition industrielle du projet associe d'autres acteurs français. Safran Electronics & Defense est chargé du développement du lanceur, avec la participation notamment de Scania France, CMAR et Essone. MBDA fournit de son côté les munitions et participe à l’architecture globale du système. Les industriels mettent également en avant la compatibilité du futur équipement avec les systèmes de commandement et de conduite des feux déjà utilisés par l’armée de Terre.
Au-delà du marché français, les deux groupes visent également l’exportation. Ils estiment que plusieurs armées alliées pourraient être intéressées par une solution européenne dans un secteur aujourd’hui largement dominé par des systèmes américains tels que le HIMARS, dont les performances ont été largement démontrées sur le champ de bataille ukrainien.
Pour soutenir le développement du programme, MBDA et Safran prévoient la création d’une coentreprise détenue à parts égales. Cette structure aura notamment pour mission de préparer les évolutions futures du système, qu’il s’agisse d’augmenter sa portée ou d’intégrer de nouvelles capacités opérationnelles.
Le projet devrait également avoir des retombées industrielles en France. Les deux entreprises annoncent des recrutements sur plusieurs de leurs sites, notamment à Bourges, Saint-Médard-en-Jalles, Le Plessis-Robinson, Fougères, Éragny et Montluçon.
L’entrée en négociations exclusives ne constitue toutefois pas encore une contractualisation définitive. Les discussions avec la DGA doivent désormais préciser les conditions de
développement, de production et de livraison de ce futur système, appelé à remplacer progressivement les LRU actuellement en service au cours de la prochaine décennie.





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