L'école "Dans tes pas" à Versailles face à un avenir incertain
- 26 févr.
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Par Audrey Rodrigues
A Versailles, le jeudi 12 février 2026, la matinée s'organise autour des fondamentaux : lecture, écriture, mathématiques. Ici, pas de sonnerie stridente ni de couloirs bondés. Les effectifs réduits permettent un accompagnement au plus près des besoins. Sept élèves âgés de 12 à 19 ans, porteurs d'une Trisomie 21, de troubles du spectre de l’autisme sont scolarisés à l'école Dans tes pas, et, bénéficient d'un encadrement renforcé. Dans cette structure indépendante, chaque séquence est adaptée aux capacités de chacun. "Nous accompagnons les jeunes de manière individuelle, afin qu'ils puissent progresser à leur rythme et développer leur autonomie". explique le fondateur, Nicolas Hittin.
Une organisation indépendante à consolider
Ouverte en 2023 par Agnès et Nicolas Hittin, l'école s'est construite en marge des dispositifs classiques. Le choix d'un petit groupe et d'une équipe pluridisciplinaire, enseignants, éducaturs spécialisés, intervenants exterieurs, permet un suivi personnalisé. Mais cette approche a un coût. "Notre école dépend uniquement de fonds privés. Cette année, les subventions des partenaires n'ont pas été suffisantes pour garantir l’ensemble de l’année scolaire », souligne Nicolas Hittin. « Nous nous sommes donc lancés dans une recherche urgente de mécènes pour permettre aux jeunes de continuer leurs apprentissages adaptés ».
L’école accueille neuf élèves cette année, âgés de 12 à 19 ans, certains porteurs d'une Trisomie 21, de troubles du spectre de l’autisme ou d’autres besoins spécifiques. « Ils évoluent bien, progressent dans leur autonomie, et c’est exactement ce que nous voulions mettre en place », ajoute-t-il.
Une pédagogie ajustée au quotidien
Les cours suivent le programme de l’Éducation nationale, mais l’organisation diffère. Les séquences sont adaptées, les supports retravaillés, les objectifs modulés.
Au milieu des exercices, l’ambiance se détend : Emma fête ses 12 ans, entourée de ses camarades réunis autour d’un gâteau d’anniversaire. « Nous tenons à un cadre structuré, tout en accompagnant chaque jeune de manière bienveillante », précise Nicolas Hittin.
L’équipe associe enseignants, éducateurs spécialisés et intervenants extérieurs. L’objectif est de conjuguer progression scolaire et acquisition de compétences pratiques : savoir se déplacer, travailler en groupe, gérer ses émotions.
Le jeudi après-midi est consacré au sport. Dans un gymnase voisin, les élèves enchaînent exercices d’équilibre et jeux collectifs. Deux jours plus tôt, ils s’étaient rendus au Stade de France pour une séance encadrée par le club de rugby Stade Français Paris. « Le sport permet un temps d’inclusion et de socialisation, tout en renforçant la confiance et le collectif », commente Nicolas Hittin.
L’école développe également un projet environnemental avec la création d’un potager, permettant aux élèves de suivre la croissance des plantes et d’utiliser les récoltes dans les ateliers culinaires. « Ce projet nous tenait à cœur et peut enfin se mettre en place grâce au soutien de nos partenaires », explique le fondateur.

Une équipe fortement investie
Au quotidien, l’organisation repose sur l’implication des professionnels. Arwa, éducatrice référente arrivée le 18 mars 2025, assure la continuité du suivi. Son poste est transversal. « Je fais le rôle d’éducatrice référente, mais parfois aussi celui d’enseignante quand elle n’est pas là, ou de directrice quand il le faut », décrit-elle.
Juriste de formation, titulaire d’un premier master obtenu en Tunisie puis d’un second en droit des affaires en France, elle débute dans l’Éducation nationale comme remplaçante. Affectée en ULIS et en IME, elle découvre l’enseignement spécialisé. « Il y avait beaucoup de besoins. J’ai décidé de continuer dans cette voie ». Ajoute-t-elle.
Après plusieurs expériences en structures médico-éducatives et en association, à un rythme soutenu, elle recherche un cadre plus stable. « J’accompagnais les jeunes parfois jusque chez eux. Je travaillais dans les maisons, les écoles, les IME, les hôpitaux de jour. J’ai tout fait sur le terrain ». Maman de deux enfants, elle choisit de rejoindre Dans tes pas.
Pérenniser le projet
Deux ans après son ouverture, l’école doit désormais sécuriser son fonctionnement dans la durée. « Ce qui compte, c’est que les élèves puissent s’inscrire dans le temps », affirme Nicolas Hittin.
Malgré un contexte budgétaire contraint, Dans tes pas démontre qu’une approche alternative, à taille humaine et centrée sur l’enfant, peut trouver sa place. L’objectif reste de renforcer les bases existantes tout en maintenant la qualité de l’accompagnement, afin que chaque élève puisse progresser à son rythme dans un environnement à la fois structurant et bienveillant.



































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