À Beaugency, les pompiers du secours en milieux périlleux (SMP) confrontés aux limites du terrain
- 15 mai
- 3 min de lecture

Par Audrey Rodrigues
Dans le centre historique de Beaugency (Loiret), la tour Saint-Firmin, haute de 37 mètres, a servi de support à une série d’exercices du secours en milieux périlleux (SMP), unité spécialisée des sapeurs-pompiers mobilisée lorsque les moyens classiques ne suffisent plus à assurer une intervention.
Le secours en milieux périlleux, une spécialité technique des sapeurs-pompiers
Le secours en milieux périlleux (SMP) intervient dans des environnements où l’accès aux victimes est difficile ou dangereux : hauteurs, puits, falaises, structures instables, espaces confinés ou zones naturelles isolées.
Cette unité spécialisée a pour mission de permettre l’accès, la sécurisation et l’évacuation des victimes dans des configurations complexes. Elle s’appuie sur des techniques spécifiques de progression sur cordes, de portage suspendu et de franchissement d’obstacles.
Le SMP agit en appui des secours traditionnels, sous la direction d’un chef de groupe, en apportant une expertise technique adaptée aux contraintes du terrain et en garantissant la continuité de la prise en charge dans des environnements non conventionnels.
Des exercices au plus près des conditions réelles
Plusieurs mises en situation ont été organisées autour de la tour Saint-Firmin et dans ses environs. Les équipes ont notamment réalisé une évacuation de victime depuis un édifice étroit du centre ancien, en environnement entièrement verticalisé.
Les opérations ont mobilisé des paramètres techniques précis : choix des points d’ancrage, gestion des frottements des cordes sur la pierre, stabilité d’une civière suspendue et coordination des transferts dans le vide.
D’autres scénarios ont ensuite été enchaînés : un franchissement par tyrolienne entre un rempart et le sol au-dessus d’une voirie, une remontée depuis un puits d’une dizaine de mètres, ainsi qu’un secours en milieu naturel simulant la chute d’une personne dans un ruisseau.
Les exercices sont conçus au plus proche des conditions opérationnelles. Les sites sont généralement découverts par les équipes au moment de l’intervention, et les victimes ne sont pas systématiquement simulées par des mannequins.
Une organisation fondée sur l’anticipation
La préparation des interventions repose sur une reconnaissance systématique des sites afin d’identifier les contraintes, les points d’ancrage et les risques structurels.
Le SMP peut également intervenir à distance en appui des chefs d’agrès engagés sur une opération, afin d’adapter en temps réel les choix techniques aux conditions rencontrées. « Le chef d’unité doit prévoir les problèmes avant qu’ils ne surviennent », explique l’adjudant-chef Steve Marchand, chef d’unité au centre de secours principal Sud.
Steve Marchand, une spécialité construite dans la durée

Adjudant-chef de 44 ans, Steve Marchand commande une unité SMP depuis juin 2024. Il a intégré cette spécialité en 2011 et finalisé son parcours de formation en 2013.
Sapeur-pompier professionnel, il évoque un engagement construit sur le long terme, entre formation continue et pratique opérationnelle. Dans ses fonctions, il assure l’analyse des environnements d’intervention, la définition des stratégies et la coordination des manœuvres.
Il insiste sur la nécessité d’anticiper les évolutions possibles d’une situation, notamment lorsque l’état d’une victime peut modifier le déroulement de l’opération. Parmi les interventions marquantes de sa carrière, il cite une chute depuis le pont Royal à Orléans ayant nécessité une prise en charge et une remontée en milieu vertical.
À travers ces exercices, les équipes cherchent aussi à conserver des réflexes rarement sollicités au quotidien, mais qui doivent pouvoir être mobilisés immédiatement lorsqu'une intervention bascule hors du cadre habituel.









































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