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La Syrie annonce l’arrestation d’un haut responsable de l’État islamique après une vaste opération à Damas

  • 12 juil.
  • 3 min de lecture
Damas, Syrie. Mohammad Ali Bazzi
Damas, Syrie. Mohammad Ali Bazzi

Par Audrey Rodrigues


Les autorités syriennes ont annoncé le 9 juillet 2026 l’arrestation de Firas al-Dagher, présenté comme un cadre de premier plan de l’organisation État islamique (EI), à l’issue d’une vaste opération de contre-terrorisme menée dans la capitale syrienne et sa périphérie. Cette opération intervient quelques jours après les attentats qui ont frappé Damas pendant la visite officielle du président français Emmanuel Macron.


Selon le ministère syrien de l’Intérieur, les forces de sécurité intérieure, en coopération avec les services de renseignement, ont mené une série de raids simultanés dans plusieurs secteurs de Damas et de sa périphérie, notamment à Al-Qutayfah, Sayyidah Zaynab, Qudsaya et Ash al-Warwar.


Après ces opérations, les autorités syriennes ont également annoncé avoir découvert une cache d’explosifs attribuée à la cellule arrêtée. Selon le ministère de l’Intérieur, des engins explosifs auraient été saisis puis neutralisés par les équipes spécialisées. Le ministre syrien de l’Intérieur, Anas Khattab, avait déclaré sur X (anciennement Twitter) le 9 juillet que « la cellule responsable des attentats terroristes qui ont visé Damas il y a deux jours est désormais entre nos mains »


Les explosions survenues le 7 juillet 2026 dans la capitale avaient fait un mort et trente-six blessés selon le bilan officiel. Les engins explosifs avaient été déclenchés alors que le chef de l’État français se trouvait en visite à Damas, dans un contexte de reprise progressive des relations diplomatiques entre la Syrie post-Assad et plusieurs capitales occidentales. Les autorités syriennes ont rapidement attribué ces attaques à une cellule affiliée à l’État islamique.


Un cadre expérimenté de Daesh

D’après les informations communiquées par le ministère de l’Intérieur, Firas al-Dagher aurait occupé plusieurs postes de responsabilité au sein de l’organisation jihadiste. Les autorités affirment qu’il a dirigé le secteur d’al-Jaydour ainsi que la « région occidentale » de l’organisation avant d’être désigné comme « wali » (gouverneur) du Liban et de la Palestine. Damas soutient également qu’il aurait servi comme garde du corps d’un dirigeant suprême de Daesh.


Le gouvernement syrien accuse également la cellule démantelée d’avoir participé à des opérations de financement clandestin de l’organisation, notamment par le biais de braquages armés dans la province de Deraa, ainsi qu’à plusieurs assassinats ciblés.


Un succès sécuritaire pour les nouvelles autorités syriennes

Cette opération constitue l’un des succès sécuritaires les plus importants revendiqués par Damas depuis le début de l’année. Depuis la chute du régime de Bachar el-Assad fin 2024 et l’arrivée au pouvoir d'Ahmad al-Sharaa, les nouvelles autorités cherchent à démontrer leur capacité à restaurer la sécurité intérieure tout en poursuivant le démantèlement des réseaux jihadistes encore actifs dans le pays.


Malgré la perte de ses principaux bastions territoriaux en Syrie et en Irak, Daesh maintient des réseaux clandestins encore capables de mener des opérations ciblées. L’attaque du 7 juillet à Damas, que les autorités syriennes attribuent à une cellule affiliée au groupe, illustre les difficultés persistantes des nouvelles autorités à sécuriser l’ensemble du territoire dans une période de transition politique.


Si les autorités syriennes présentent désormais l’affaire comme résolue, plusieurs zones d’ombre subsistent, notamment concernant la chaîne de commandement de la cellule et ses éventuels liens avec des structures plus larges de l’organisation jihadiste. Le ministre de l’Intérieur, Anas Khattab, a indiqué que de nouveaux détails seraient rendus publics à l’issue des investigations en cours.


Pour Damas, l’enjeu dépasse le simple cadre judiciaire : il s’agit également de démontrer aux partenaires étrangers et aux investisseurs potentiels que les institutions sécuritaires syriennes sont en mesure de contenir la menace terroriste et de garantir la stabilité du pays dans sa phase de reconstruction.

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