Thales dévoile HexaForce, un système de commandement et de contrôle augmenté par l’IA

Par Audrey Rodrigues
Le 17 septembre 2026, Thales présente HexaForce, un nouveau système C4I conçu pour exploiter les volumes croissants de données disponibles sur le champ de bataille et accélérer leur traitement grâce à l’intelligence artificielle.
Sur un théâtre d’opérations, la difficulté n’est plus seulement de disposer de données. Elle consiste aussi à pouvoir les exploiter à temps. La multiplication des capteurs, des drones, des systèmes d’armes et des sources de renseignement accroît considérablement la quantité d’informations à traiter par les états-majors et les opérateurs.
Dans ce contexte, la capacité à comprendre rapidement une situation, à la partager entre les différents niveaux de commandement et à prendre une décision dans un temps contraint devient un enjeu central.
C’est sur cette problématique que Thales positionne HexaForce, présenté comme un système C4I multidomaine augmenté par l’intelligence artificielle.
Une vision commune de la situation opérationnelle
HexaForce doit permettre de rassembler et de corréler des données provenant de sources multiples afin de fournir aux forces une représentation commune et actualisée de la situation opérationnelle.
L’enjeu est notamment de réduire le temps nécessaire pour transformer une masse de données hétérogènes en informations directement exploitables. Dans un environnement où les capteurs et les systèmes autonomes se multiplient, cette capacité devient déterminante pour éviter que le volume d’informations disponible ne se transforme en surcharge pour les opérateurs.
L’intelligence artificielle au service du cycle de décision
HexaForce s’appuie sur les capacités de cortAIx, l’activité de Thales consacrée à l’intelligence artificielle. Le groupe indique réunir environ 800 experts en IA au sein de cette activité. L’un des exemples avancés par Thales concerne le ciblage. Lors de phases d’expérimentation, l’industriel indique avoir fait passer le nombre d’objectifs traités de 100 à 1 000 par jour.
Ce type d’application illustre l’un des apports recherchés de l’IA dans les systèmes de commandement : analyser rapidement de grandes quantités de données, établir des corrélations et faire ressortir les informations utiles afin d’accélérer le travail des opérateurs.
Le but n’est pas de substituer l’intelligence artificielle au commandement humain. Thales met au contraire en avant le maintien du contrôle humain sur ses systèmes d’IA, ainsi que des principes de transparence et de sécurité.
Un système conçu pour fonctionner avec les alliés
L’autre enjeu d’HexaForce est son intégration dans un environnement où les forces françaises ne combattent pas seules.
Thales présente le système comme ouvert et interopérable, avec la capacité de s’intégrer aux architectures existantes et aux environnements multinationaux.
Cette dimension a notamment été mise à l’épreuve lors de CWIX 2026, l’exercice de l’OTAN consacré à l’interopérabilité des systèmes. Thales indique y avoir testé HexaForce avec des systèmes de commandement et de contrôle utilisés par d’autres nations, ainsi que sa conformité aux spécifications NATO Federated Mission Networking (FMN).
L’objectif est de permettre à plusieurs forces de partager des informations et de construire une compréhension commune de la situation opérationnelle, malgré l’utilisation de systèmes différents.
De la donnée à la décision
Cette évolution traduit une transformation plus large des systèmes de commandement. La supériorité opérationnelle dépend de plus en plus de la capacité à recueillir, transporter, sécuriser, croiser et exploiter les données issues du champ de bataille.
Dans ce modèle, le système C2 ne constitue plus seulement un outil de transmission des ordres. Il devient également un environnement permettant de construire une représentation de la situation et d’aider le commandemen à arbitrer plus rapidement.
La question de la confiance devient alors essentielle. Une information produite ou enrichie par une IA doit pouvoir être comprise, contrôlée et, selon les usages, retracée par ceux qui prennent la décision.
Pour HexaForce, Thales met ainsi en avant une architecture à la fois ouverte, interopérable et souveraine, développée avec les forces armées et destinée à évoluer avec leurs besoins opérationnels.
HEXAFORCE EN CHIFFRES
6 000 | experts mobilisés par Thales sur les activités C2 |
+100 000 | combattants coordonnés en contexte de haute intensité |
1 000 | objectifs de ciblage traités par jour lors de phases d'expérimentation |
800 | experts en intelligence artificielle au sein de cortAIX |
Données communiquées par Thales. Les chiffres relatifs au ciblage correspondent aux phases d’expérimentation mentionnées par l’industriel.
HexaForce s’inscrit ainsi dans une évolution des systèmes de commandement vers des architectures capables de traiter davantage de données, plus rapidement et à plusieurs niveaux, tout en maintenant la décision humaine au cœur de la chaîne de commandement.





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