top of page

À Miami, Cyrille Chahboune entre dans l’arène de Wodapalooza

  • 15 mars
  • 4 min de lecture
Cyrille Chahboune lors du festival Wodapalooza à Miami. Jb Coze
Cyrille Chahboune lors du festival Wodapalooza à Miami. Jb Coze

Par Audrey Rodrigues


Ancien opérateur du Commando Parachutiste de l’Air n°10 (CPA 10) grièvement blessé en opération, Cyrille Chahboune s’est reconstruit à travers le sport. Présent à Miami pour Wodapalooza, il prépare désormais une nouvelle étape de son parcours, les Jeux paralympiques de Los Angeles 2028 en tir sportif.


A Miami, au bord de la baie de Biscayne, les athlètes se succèdent sur les épreuves de Wodapalooza, l’un des grands rendez-vous internationaux du CrossFit. Parmi eux, Cyrille Chahboune. Pour l’ancien militaire, la compétition possède une dimension particulière. « C’est une des seules compétitions internationales où les adaptatifs sont mélangés aux valides », explique-t-il.


Une configuration encore peu répandue dans le sport, qui permet aux athlètes en situation de handicap de concourir dans les mêmes épreuves que les sportifs valides. A cela s’ajoute le cadre singulier de l’événement : « l’ambiance de Miami », qui contribue largement à la réputation du rendez-vous.


Avant le début des épreuves, Cyrille garde la même philosophie : « Pas de pression. Comme d’habitude, je viens surtout pour prendre du plaisir. »


Un parcours forgé dans les forces spéciales


Photo personnelle de Cyrille Chahboune.
Photo personnelle de Cyrille Chahboune.

Engagé à seulement 19 ans dans l’Armée de l’Air et de l’Espace, Cyrille Chahboune choisit très tôt la voie exigeante des commandos parachutistes de l’air. Après une formation militaire initiale et les sélections propres aux unités parachutistes, il rejoint le Commando Parachutiste de l’Air n°30 (CPA 30), où il intègre le groupe RESAL (Recherche et Sauvetage au Combat). Cette spécialité, dédiée notamment à la localisation et à l’extraction de personnel isolé en zone hostile, exige un haut niveau de technicité, de sang-froid et de cohésion.


Ses capacités opérationnelles lui permettent ensuite d’intégrer en 2013 le Commando Parachutiste de l’Air n°10 (CPA 10), l’unité prestigieuse des Forces Spéciales de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Au sein de cette formation particulièrement sélective, il sert comme parachutiste opérationnel et tireur d’élite.


Il participe alors à plusieurs opérations extérieures, notamment en Afghanistan, au Tchad et en Libye, dans des environnements où les missions se déroulent souvent au contact direct de l’ennemi et dans des conditions de très forte intensité.


L’Irak, une mission qui bouleverse sa vie

En 2016, Cyrille Chahboune est déployé en Irak dans le cadre de l’opération CHAMMAL, l’engagement français contre l’organisation terroriste Daesh. La mission consiste notamment à appuyer les forces locales engagées dans la reconquête de territoires contrôlés par l’organisation terroriste.


Avant ce déploiement, il obtient une courte rotation lui permettant de rentrer en France pour se marier, un moment important qu’il souhaitait vivre avant de repartir sur le terrain. Quelques jours seulement après son retour en zone d’opérations, l’événement qui va bouleverser sa vie survient.


Alors qu’il est engagé avec son unité, une attaque au drone piégé menée par Daesh frappe leur position. L’explosion est d’une violence extrême. Cyrille est grièvement blessé par le souffle et les éclats. Les blessures sont multiples et critiques : il perd ses deux jambes et subit également d’importants traumatismes.


Evacué en urgence et rapatrié en France, il est pris en charge à l’hôpital d’instruction des armées Percy. Son pronostic vital est alors engagé.


La reconstruction par le sport

Après de longs mois de soins et plusieurs opérations chirurgicales, Cyrille entame une rééducation particulièrement exigeante au sein des structures spécialisées des armées. La reconstruction est à la fois physique et mentale.


Progressivement, le sport devient un levier essentiel dans ce processus. L’entraînement lui permet de retrouver un équilibre, mais aussi de canaliser l’esprit de combativité forgé au cours de ses années d’engagement opérationnel.


Un quotidien structuré autour de l’entraînement

Derrière cette approche détendue se cache en réalité une organisation très rigoureuse. Les journées d’entraînement s’articulent autour de plusieurs séances, entre préparation physique et travail technique.

« Une journée type commence par un bon petit déjeuner. Ensuite, je fais une première séance de CrossFit, souvent complétée par du renforcement musculaire. L’après-midi est souvent consacrée au tir, et il peut aussi y avoir une troisième séance de cardio », explique-t-il.


Cette organisation lui permet de progresser à la fois dans le fitness fonctionnel et dans le tir sportif, discipline dans laquelle il nourrit désormais des ambitions paralympiques.


Lors des compétitions, la récupération devient également un élément central. Hydratation, compléments alimentaires et repos font partie intégrante de sa routine afin de maintenir l’intensité sur plusieurs jours d’épreuves.


En ligne de mire : Los Angeles 2028

Au-delà des compétitions actuelles, Cyrille Chahboune prépare déjà la suite. Son regard est tourné vers les Jeux paralympiques de Los Angeles en 2028, où il espère représenter la France en tir sportif. « Déjà y participer, et ensuite aller chercher une médaille », confie-t-il.


Une préparation de ce niveau nécessite des moyens importants. L’athlète indique être encore à la recherche de partenaires pour accompagner ce projet sportif, précisant ne disposer pour l’instant que d’environ un tiers du budget nécessaire.


Malgré ces contraintes, la motivation reste intacte. « Les seules limites qui existent sont celles que l’on s’impose. Tout est possible. » conclut-il.

Commentaires


AB631CFE-0384-4ACF-BEE0-D2082C217146.PNG

Bonjour et merci pour votre visite !

Pour recevoir
toute notre actu

Merci pour votre envoi

  • Facebook
  • Instagram
bottom of page